Home Coté course & préparation Raid du Morbihan 2009, le tour en 23h41
Raid du Morbihan 2009, le tour en 23h41 PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 01 Juillet 2009 00:00

dossard-morbihan0923h41, il m'aura fallu donc moins d'une journée pour profiter de ce merveilleux parcours. J'y ai vécu une journée conforme aux objectifs que j'avais fixés, dans un état de plaisir que j'avais rarement atteint jusque là... Comme il s'agissait de l'un de mes deux clefs 2009 sur la route de la Badwater, je vous en propose un rapide récit ou du moins quelques bribes.

Ce que je retiendrai avant tout, c'est l'état des lieux au lendemain de la course : un sentiment de sérénité que seules procurent les courses qui traversent les nuits. Une fraîcheur physique remarquable aussi, des pieds impeccables, des jambes légères où subsistent tout jumorbihan09_busste de vagues douleurs dans les quadriceps lorsque je veux m'asseoir sur un sol qui me semble alors aussi bas que moqueur... Vraiment là, j'ai encore un peu plus la sensation d'être fait pour ces courses où la performance sportive au sens classique n'a pas vraiment sa place. La gestion des efforts, la recherche du plaisir, d'équilibres prennent là toutes leur importance et ça, je commence à savoir faire. J'aime courir si longtemps, traverser les paysages, la nuit, admirer la lune, savourer la caresse du soleil matinal, aller à la rencontre des autres, s'ouvrir à la vie du coureur itinérant.

Dès le départ, je suis la stratégie prévue. Je pars sur un rythme de 10,5 km/h, alternant 14 minutes de course et une minute de marche durant laquelle je bois et m'alimente. A partir du km 50, je passe en 11'/1' puis dès la mi-course à Vannes, en 9'/1' pour finir en 4'/1' à partir du km125. Sur tout le parcours, je marche aussi sur les parties rocheuses ou piégeuses, dans les nombreux escaliers de la fin de course. Non que je sois épuisé mais les kilomètres faisant leur effet, les réflexes s'émoussent et la prudence doit prévaloir. Coté hydratation/alimentation, j'avais tout calé avec mes deux bidons à mains et mon sac à dos Golite qui supportaient deux bidons dans le dos. Je n'avais donc pas de poche à eau. PA5305_247_FRONTAvantage énorme, le remplissage est plus rapide aux postes de ravitaillement, je peux voir ce que je consomme et surtout je dispose d'autant de boisson que de bidons : eau+coca, eau+St-Yorre, soupe de légumes, eau plate. J'alterne donc tout cela avec en nourriture un grand choix aussi : compote, pain, mélange salé et quelques pâtes de fruits. Tout a été nickel et je n'ai pas connu d'énormes coups de barre. Tout au plus des coups de moins bien notamment au lever du jour.

Coté course, je sui pointé dans les 90 en début d'épreuve. A Auray, km25, je suis 71ieme. Une chute sévère vers le km40 me laisse un bel hématome sur la fesse et des douleurs gênantes pour le reste du périple. Au premier arrêt repas du km50, je suis 45ieme et je repars après un stop de 15' en compagnie de Sebastien Baudry avec qui nous décidons de nous allier pour la nuit. On envoie du lourd, remontant de nombreux coureurs pour stopper à Vannes en 25ieme place après nous être égarés à 4 reprises, laissant au passage 20 minutes. Rageant... Pas au mieux, Seb me laisse filer à la sortie de Vannes après notre arrêt de 18 minutes. Le jour renaît, je repars vite. Trop... et je me perds durant 12 minutes. Je fulmine et en prends un coup au moral. Au km125 après avoir connu un début de matinée un peu difficile, je reprends Seb qui m'a repassé lors de mon errance. Le soleil tape dur. J'ai mis un casquette saharienne type Badwater et avec le bandana que je porte, humide, autour du cou depuis le départ, je ne souffrirai jamais du chaud. Je l'ai même apprécié... PA5268_320_front
On finit de concert en s'attendant, comme deux potes tout heureux, 20ieme et 21ieme d'une course qui a renvoyé 52% des plus de 500 partants à la douche prématurément.

Stricto sensus, me voilà donc conforme aux critères requis pour postuler à la Badwater. Je suis H-E-U-R-E-U-X. En repartant à pied l'hôtel, j'écoute sur le MP3 Emiliana Torrini me chanter "Today has been OK". En douceur comme cette journée... Il est à peine 18 heures, je pense à dormir une heure avant d'aller boire une mousse et manger un bout avec le grand Seb...
A 8 heures du matin, je suis réveillé par le retour d'Olivier Déjean venu avec moi de Toulouse faire son premier gros ultra. Il a passé plus de 37 heures dehors à avancer, plein de courage. Je me lève pour profiter du soleil. Lui file se coucher. Il vient de me donner une grosse leçon. De courage, d'abnégation, d'humilité. D'Humanité...
Today has been OK....

Vincent


Pour aller plus loin...